Entropie anthropique

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mercredi 26 décembre 2007

Les droits d'auteurs, et le yahourt périmé.

Même si je vais lui casser du sucre dessus, je n'y vais pas avec le dos de la cuiller : admettons que les droits d'auteurs soient un yahourt.

Nous allons tout d'abord, comme le ferait tout bon consommateur, réfléchir avant d'acheter. « C'est vrai, on mange des yoghourts tous les jours. Ce n'est pas par habitude : c'est bon pour la santé car plein de bonnes choses pour nous. » C'est admis comme un fait de société. On pourrait se poser des questions car le lait de vache a été introduit dans notre alimentation plutôt récemment. Le droit d'auteur, c'est pareil : il est institué dans notre culture et semble être acquis depuis jamais. Cela dit, comme le lait de vache, cela n'a pas toujours été le cas. Le droit d'auteur, et plus généralement la propriété intellectuelle semblent choses immuables. Ils ont tout deux été introduits en apportant chacun leurs bénéfices à notre société.

Poursuivons. « En plus d'être fait à partir de lait de vache, on m'a dit que c'était du lait fermenté, plein de bactéries. J'aimerai bien savoir d'où vient la recette, et ce qui a poussé les gens à l'établir ainsi. C'est vrai, non ? la logique voudrait que l'on consommât notre lait sans prendre le risque de le laisser tourner. » Même si je ne saurais pas vous détailler l'histoire du yahourt, je peux succintement vous dire que le droit d'auteur n'existait tout d'abord pas. En fait, pour être plus précis, la notion d'auteur, n'existait pas. Aux origines latines, les auteurs étaient les interprètes des dieux. Les diverses muses savaient souffler les mots justes aux poètes. Petit à petit, à mesure que ces impératrices inspiratrices se faisaient plus taquines et que les pastiches se faisaient plus acerbes, on responsabilisa les auteurs. C'est la punition infligée aux interprètes comme « source des maux » qui entraîna la notion d'auteur. Vînrent ensuite les Lumières pour conceptualiser la propriété intellectuelle. Enfin, un vrai PAC-BEAU (plus connu comme Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais), qui, en gros, fit inscrire le droit intellectuel dans la loi.

Ensuite, pour vous attirer, les vendeurs de yahourts on dû faire de jolis emballages, payer la crêmière pour les bon soins des pis. Les producteurs vous ont bien épié, ils savent ce qui vous plaît, ils savent faire leur beurre, ils savent comment vous traîre. Pour cela, il faut coller de belles etiquettes au pot. Elles ont la propriété de miroîter même dans le plus glauque des rayons de superette. Il faut également engager des frais, payer le comédien pour la publicité à la télé. « Chérie, j'ai acheté les bons yoghourts, tu sais, ceux que l'autre acteur là, il mange à grand renforts de bruits de bouche ! » Bon, à force de m'étaler, je risque d'édulcorer mon discours initial. Je voulais en venir au fait qu'en plus du simple droit d'auteur se sont ajoutés les droits d'exploitations. Ils permettent à celui qui n'a pas inventé la moindre oeuvre d'art de se faire rétribuer pour tout l'aspect promotionnel, pour peu qu'un auteur lui aît cédé ces droits-ci. Cela-dit, je drois, euh, je dois ajouter qu'existent des droits moraux, qui sont incessibles. Ils concernent le respect de l'oeuvre et de sa paternité.

Vous en savez déjà beaucoup. On prend sur soi, on va pour ouvrir le fameux yahourt, mais là, un reflexe pavlovien nous en empêche. La date de péremption. « Ho non, ce yoghourt est pourri j'avais jusqu'à minuit pour le manger ! » Oui, les droits d'auteurs ont également une durée maximale. C'est à dire que passé une certaine durée, l'oeuvre appartient à tout le monde et à personne à la fois. On part du principe que l'oeuvre fait partie de notre Culture, chacun est désormais libre de s'en inspirer, de la ré-éxécuter, sans pour autant léser son créateur. Reste à savoir combien de temps ces droits durent. Il a été décidé de les faire durer tant que cela profiterait au créateur. On ne vit qu'une fois, et pour ceux qui se réincarnent, ils savent repartir de zéro. Donc, à priori, une fois passé le Styx, personne n'a plus besoin d'argent. De la même manière, les recettes font désormais partie des connaissances communes, et chacun peut se faire son propre yahourt et y apporter sa touche personnelle.

Cela dit, on peut lutter contre la péremption des aliments. Si jamais on a peur de devoir en jeter trop et de ne pas revenir sur son investissement, on rajoute des conservateurs, on les mets au frigo. « Hum, la prochaîne fois, je prendrais des yaourt à longue conservation car je n'en mange vraiment pas souvent. » Les producteurs, qui possèdent donc énormément de contenus entre leurs mains, vivent plus longtemps que les auteurs. Et pour cause ! ce sont des entreprises. Il faut donc prévoir le cas où l'auteur décèderait juste après avoir enregistré son disque. Il fut ainsi décidé que les droits perdureraient un temps après la mort de l'auteur. Rien n'est plus difficile que de choisir la durée qui va bien.

On en attendrait pas moins d'eux, les titulaires des droits font tout pour les garder. Et c'est ainsi qu'est né l'effet Mickey Mouse, une poignée d'année après la souris du même nom. A chaque fois que les films de Disney risquent de tomber dans le domaine public, grâce à la magie de Merlin, on ré-étiquette les pots de yahourt. Hop ! D'un coup de baguette magique, la date de péremption des droits d'auteurs se prolonge d'une dixaine d'année.

Soyons sérieux, ou essayons, maintenant. Les oeuvres artistiques, ce ne sont pas des yahourts (sauf exception, mais je n'arrive pas à me rappeler de quelqu'un ayant exploité les yahourts comme sujet principal), et contrairement aux yahourts, on peut désormais sauvegarder la majorité des oeuvres de manière pérenne. Le frigo s'appelle numérique.

Même si on ne peut s'abstraire du temps qui ronge la réalisation concrète d'un travail (une toile, une sculpture), on peut aisément en copier et dupliquer une information gigantesque sur un support numérique pour la partager au plus grand nombre. Ce tour de force n'est pas réservé qu'aux pirates de l'internet. C'est aussi ce que font les producteurs de musique qui pressent des CD à tire l'arigot. Pour les yahourts, à ma connaissance, l'exploît de multiplication de nourriture ne fut réalisé que par Jésus-Christ de Nazareth, quelques années après lui.

Aujourd'hui, on peut donc conserver et partager beaucoup de choses. Même si enregistrer toutes les oeuvres semble être beaucoup trop pour une personne, qui peut prédire ce dont sera capable l'humanité dans deux mille ans ? Gageons qu'ils seront capable de traîter et d'extraire tout plein d'informations de nos oeuvres, peut-être même de cet article. Ce qui est certain, c'est que rien ne sera possible si on ne fait pas en sorte de pouvoir éviter le sempiternel prolongement des droits d'auteurs. En effet, à mesure que certains supports vieillissent, seuls quelques mains ont accès aux enregistrements. Ce sont les même mains qui font prolonger outrageusement la durée des droits d'exploitation. Ce sont les même mains qui cadenassent les fichiers numériques avec des DRM.

On pourrait également s'étendre sur toute la partie de la production rejetée. Notre espéce étant amenée à apprendre le recyclage, autant apppliquer cela aux rebuts des créations artistiques. En somme, les chutes des films, les scènes non gardées, dont on fait d'excellents bonus pour DVD. On nous dira que les auteurs ne sont pas d'accords, mais qui a demandé à DeVinci qu'on passe ses tableaux aux rayons-X pour trouver ce qu'il y a sous sa peinture ?

Concluons, si nous pouvons. Vous devrier me demander ce que j'ai voulu démontrer. Et-bien, vu la période agitée que nous traversons vis-à-vis des téléchargements sur Internet, des choix de sociétés que cet outil impose, il est inévitable que des débats auront lieux. Que ce soit pour allonger ou pour raccourcir la durée des droits, ou encore pour modifier les conditions d'accès aux oeuvres. J'ai donc écrit cet article pour rappeler à chacun que la Culture n'est pas un yahourt. Toute comparaison de téléchargement à un vol à la roulotte est bel est bien une ânerie sans nom. Je l'agrémente donc de quelque liens pour qu'on puisse tous débattre un jour ou l'autre, avec assez de cartes en mains. J'en ai un peu marre de voir les débats sur le téléchargement comme s'il y avaient deux camps, les idiots de téléchargeurs contre les artistes profiteurs.

Voici quelque liens où j'ai pris et appris pas mal de choses, pour les curieux.

http://www.fabula.org/compagnon/auteur1.php http://en.wikipedia.org/wiki/Copyright_Term_Extension_Act http://www.free-culture.cc/index.html

Et des projets relatifs au domaine public et à l'archivage des oeuvres.

http://www.communia-project.eu/Home http://www.europarchive.org/

samedi 1 décembre 2007

Que nous dit le port série de la GP2-X ?

Et bien, on a quelques traces de démarrage tout de même. Si ça peut vous intéresser. Je ne connais pas encore u-boot, mais il nous indique déjà vaguement où il va chercher à booter.

U-Boot 1.0.0 (Sep 10 2007 - 21:07:23)

U-Boot code: 03E00000 -> 03E49FA4 BSS: -> 03E82B70 IRQ Stack: 03ea3b6c FIQ Stack: 03ea4b6c DRAM Configuration: Bank #0: 00100000 63 MB Flash: 0 kB NAND:Probing at 0x9c000000 Flash chip found: Manufacturer ID: 0xEC, Chip ID: 0x76 (Samsung K9F1208 64Mb) 1 flash chips found. Total nand_chip size: 64 MB Get Environment from NAND offset 0x70000 ... *** Warning - bad CRC, using default environment

In: serial Out: serial Err: serial

NAND read: device 0 offset 0x1a0000, size 0x40000 ... 262144 bytes read: OK

NAND read: device 0 offset 0x80000, size 0xb0000 ... 720896 bytes read: OK ### main_loop: bootcmd="bootm" Hit any key to stop autoboot: 0 ## Booting image at 01000000 ... Image Name: GP2X Linux Kernel Created: 2007-10-08 9:22:48 UTC Image Type: ARM Linux Kernel Image (gzip compressed) Data Size: 673304 Bytes = 657.5 kB Load Address: 00008000 Entry Point: 00008000 Verifying Checksum ... OK Uncompressing Kernel Image ... OK

Starting kernel ...

MMC/SD Card Detected wait SD CARD 2.0 Not 2.0(ONLY 1.0) Partition check: mmcsda: p1 Register SD: 1902MsB mount...1 mount...2: INIT: version 2.84 booting <7>**>>ecc error unfixed on chunk 3268:0 Started device management daemon v1.3.25 for /dev <7>**>>ecc error unfixed on chunk 3844:0 MSDOS FS: IO charset utf8 Touch driver open Touch calibration Apply LCD Timing ****nStatus : 1

read pointercal value write pointercal value

Après cela, un CTRL+C tue l'application (sinon on peut controler sa GP2X depuis le clavier). Et on obtient un shell en root, visiblement c'est prévu qu'on la connecte à internet, il y a des trucs comme dnsdomainname.

Enfin, la commande qu'on fait quand on arrive sur un tout nouveau système (non ce n'est pas ls):

[root@gp2x /]$uname -a Linux gp2x 2.4.25 #4374 Mon, 08 Oct 2007 18:22:37 +0900 armv4l unknown

Et puis, pour savoir ce qui tourne, un "ps aux".

PID Uid VmSize Stat Command 1 root 1348 S init [3] 2 root S [keventd] 3 root S [ksoftirqd_CPU0] 4 root S [kswapd] 5 root S [bdflush] 6 root S [kupdated] 7 root S [mtdblockd] 13 root 1404 S devfsd /dev 49 root 2068 S -sh 89 root 2556 R ps aux

On restera coi devant le numéro de révision et le numéro de série de mon processeur. (normalement il y en a deux, mais je ne connais pas assez le kernel linux et l'architecture choisie par les constructeurs pour

[root@gp2x /]$cat /proc/cpuinfo Processor : Arm920Tid(wb) rev 0 (v4l) BogoMIPS : 99.32 Features : swp half thumb

Hardware : MagicEye-MDK Revision : 0000 Serial : 0000000000000000

Et puis voilà le mapping mémoire.

[root@gp2x /]$cat /proc/iomem 00000000-01ffffff : System RAM 0004f000-0016fee7 : Kernel code 0016fee8-001b9bf7 : Kernel data

Désolé pour l'horrible formatage des sorties de commandes.